"Il faut d'autres moyens pour vaincre la dépression"
Paris, le 11 octobre 2011 - Maladie du XXIème siècle, la dépression sévère concerne entre 5et 8% des Français1 chaque année. Elle est souvent mal diagnostiquée et trop peu prise en charge : la moitié des patients n’a pas en effet accès à un traitement ou à des soins simples etabordables2. Dans une société en crise, Les Cliniques Psychiatriques de France, en première ligne dans la prise en charge des patients dépressifs, alertent les pouvoirs publics sur la nécessité d’améliorer le dépistage de cette pathologie et de repenser les moyens alloués aux programmes de santé…
Dans son nouvel Atlas de la Santé Mentale publié à l’occasion de la Journée mondiale de la Santé mentale, l’OMS insiste sur la nécessité de « dépenser davantage au niveau des soins primaires ». Mal diagnostiquée, la dépression engendre des complications comme le suicide
et/ou le passage à la chronicité avec de forts retentissements socio-économiques. Si les enjeux sanitaires sont majeurs, les défauts de traitements ont eux des conséquences économiques indirectes graves, tant pour le patient dépressif que pour la société : 75% des coûts totaux de la dépression sont en effet liés à la perte de « productivité sociale et économique » 3 . La dépression multiplie par 2,5 les risques d’absentéisme au travail4 ; elle était en 2000 la cause de 31,9 millions de journées de travail perdues en France5.
Enjeu économique majeur, la dépression est aussi responsable d’une déconnection du patient avec son milieu socio-professionnel, facteur aggravant la maladie. Pour le docteur Olivier Drevon, président de l’Union Nationale des Cliniques Psychiatriques, « Nous ne ferons évoluer la situation qu’en améliorant le dépistage! C’est une maladie grave nécessitant traitement et suivi psychiatrique adaptés et mieux coordonnés. Il faut en effet savoir que 60% des suicidants ont consulté un médecin généraliste dans le mois précédant une tentative de suicide6 ! ».
Les Cliniques Psychiatriques de France sont engagées dans le développement de prises en charge efficaces afin de limiter les risques de rechute : les 162 établissements répartis sur toute la France soignent 70% des patients atteints, dans le cadre d’une prise en charge de qualité. « L’implication du personnel soignant des cliniques permettent de faire de ce moment, même s’il est toujours difficile, une étape nécessaire et réussie vers la guérison. Mais, la prise en charge est essentielle et nos moyens sont limités : dans nos établissements des listes d’attentes existent et nous sommes contraints par une tarification inadaptée », souligne le docteur Drevon. « Nous prônons une étroite collaboration avec la médecine de ville, les associations de patients et l’ensemble du réseau des acteurs impliqués afin de mieux prévenir, mieux guérir », ajoute le psychiatre, président de l’UNCPSY.
Selon l’OMS, en 2020 la dépression sera la 2ème cause d’invalidité dans le monde derrière les maladies cardiaques. En 1990, elle était en 4e position. Alors que, selon une étude nationale de la D.R.E.E.S. parue en juin 2007, seuls 28% des dépressifs auraient recours à des soins, la maladie représente un véritable défi de santé publique.
À propos de l’UNCPSY
Espace dynamique d’échange et de réflexion sur la prise en charge de la santé mentale et son devenir, l’UNCPSY, syndicat affilié à la Fédération de l’Hospitalisation Privée, concourt à la performance continue et homogène des 162 cliniques psychiatriques de France. Au coeur des enjeux de santé, ce syndicat professionnel oeuvre également à représenter les cliniques psychiatriques privées et à garantir leurs missions de santé publique dans le système global de la psychiatrie.
« L’implication du personnel soignant des cliniques permettent de faire de ce moment, mêmes’il est toujours difficile, une étape nécessaire et réussie vers la guérison. Mais, la prise en charge
est essentielle et nos moyens sont limités : dans nos établissements des listes d’attentes existent et nous sommes contraints par une tarification inadaptée », souligne le docteur Drevon. «Nous prônons une étroite collaboration avec la médecine de ville, les associations de patients et l’ensemble du réseau des acteurs impliqués afin de mieux prévenir, mieux guérir », ajoute le psychiatre, président de l’UNCPSY.