personnes en France souffrent d'un handicap lié à une maladie psychiatrique grave
personnes en France souffrent d'un handicap lié à une maladie psychiatrique grave

Les prochains mois devraient permettre à la psychiatrie d’être, enfin, prise en compte comme un vrai problème sanitaire par les pouvoirs publics et les candidats à la présidentielle. D’ores et déjà, le Ministère de la Santé a annoncé la présentation du prochain plan psychiatrie et santé mentale au conseil des Ministres du 29 février.
Dans ce contexte, les cliniques psychiatriques et leur représentant, l’UNCPSY, veulent jouer leur rôle de force de propositions. Elles entendent le faire sans cependant perdre leur vigilance après les déceptions suscitées, tant chez les patients et leur famille que chez les soignants et les établissements, par des annonces politiques qui n’ont jamais été concrétisées. Voilà pourquoi le Docteur Olivier Drevon, président de l’UNCPSY, dit être attentif « à la capacité d’écoute et de reprise de nos propositions par le Ministère de la Santé dans le cadre du futur plan de psychiatrie et de santé mentale ».
En particulier, les cliniques psychiatriques de France veulent voir leur place au service des patients mieux reconnue et donc mieux intégrée dans le dispositif psychiatrique : « La présence de 162 établissements privés dans les grandes régions françaises, avec plus de 11 000 soignants est un atout indéniable pour la bonne prise en charge des patients et représente une complémentarité indéniable avec le public. En ce sens, nous percevons positivement le plus grand rôle accordé aux ARS dans cette politique. Nous pensons que la psychiatrie dans sa globalité ne souffre pas tant d’un manque de moyens que d’une nécessaire réorganisation de la prise en charge qui tarde à venir, souligne le Dr Olivier Drevon. Nous prônons ainsi, au-delà de la formation à la psychiatrie des généralistes, une meilleure coopération entre les acteurs, au sein des territoires de proximité ». Et l’UNCPSY de rappeler que dans moins de dix ans, la dépression sera LA pathologie devançant toutes les autres. Et de dresser le constat que 700 000 personnes aujourd’hui en France souffrent d’un handicap lié à une pathologie psychiatrique grave. « Quand on veut réduire les morts sur les routes, on prend des mesures et les résultats sont là. Alors quid de la psychiatrie, de ses malades et de leurs proches ? La psychiatrie est encore trop tabou dans notre pays et on ne sait pas se poser les bonnes questions. »
Les cliniques psychiatriques attendent ainsi des mesures claires de l’Etat en faveur du développement des alternatives. Le Dr Drevon rappelle en effet que si « le maintien d’une offre d’hospitalisation complète est indispensable et que les cliniques psychiatriques privées y contribuent, elles souhaitent aussi pouvoir développer les prises en charge alternatives avec des critères équitables pour les structures associatives, publiques et privées, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. »
Le principe de créer une mission de service public, s’agissant de la psychiatrie, peut être une avancée. Encore convient-il que cette notion ne s’avère pas exagérément restrictive ou exclusive. Dès lors qu’un travail rigoureux de concertation sera mené avec elles, les cliniques psychiatriques privées sont prêtes à s’engager dans cette réflexion. Sans doute en la menant de front avec la concrétisation de la tarification à l’activité en psychiatrie… A bon entendeur !
A l'occasion des Journées nationales de prévention du suicide, les Cliniques Psychiatriques de France, par la voix de leur Président, le Dr Olivier Drevon, reviennent sur le rôle du psychiatre et soulignent l'importance de l'accompagnement du suicidant pour reconnecter ces personnes rapidement à leur vie sociale…
En France, le risque de récidive dans l'année qui suit une tentative de suicide est considérable (évalué entre 30 et 50 % chez l'adolescent, entre 10 à 20 % chez l'adulte). Or, ce risque diminue lorsque le suicidant a le sentiment que son geste a ét pris en considération et qu'on lui apporte des solutions. Après une tentative de suicide, le premier contact avec le monde psychiatrique est primordial. Si ce rendez-vous est raté et que le patient sort des urgences psychiatriques avec l'impression que sa souffrance n'a pas été prise en compte, il peut avoir une réticence à consulter et peut minimiser, voire occulter les raisons qui l'ont conduit à attenter à ses jours.
Des centres de crise ont vu le jour depuis une dizaine d'années au sein du réseau des cliniques psychiatriques. Il en existe aujourd'hui une quinzaine en France. Ces structures légères permettent d'hospitaliser sur une courte durée (50 à 60% des patients repartent au bout de 5 jours) avec une surveillance médicale intensive. Elles permettent de prolonger le travail sur la crise suicidaire au-delà du temps de l'urgence. C'est l'occasion de faire un vrai bilan avec le patient sur les raisons de son mal-être, ses difficultés socio-économiques, son entourage familial, professionnel, amical… L'objectif est de reconnecter rapidement les suicidants à leur vie sociale sans créer de rupture. Le patient doit sortir avec un programme de prise en charge spécifique qui peut être un accompagnement en ambulatoire, une orientation vers un CMP ou une hospitalisation à temps partiel.
Une psychothérapie ne peut pas se mettre en place tout de suite chez les personnes qui traversent une crise aiguë. On propose aujourd'hui de plus en plus souvent aux patients suicidaires des thérapies cognitivo-comportementales qui visent à redonner de l'estime de soi et à se revaloriser. Cette reconquête narcissique peut passer par des thérapies de groupe, des techniques corporelles sensorielles ou une analyse bioénergétique. Pour les patients qui ont du mal à parler de leur souffrance, ces supports sont efficaces pour s'exprimer, s'affirmer et se réintégrer rapidement dans la vie professionnelle.

Copyright © 2010 UNCPSY
Cliniques Psychiatriques de France
81, rue de monceau - 75008 Paris
Tél. : 01 45 63 38 41 - Fax : 01 45 63 30 66
Réalisation COMFLUENCE