personnes en France souffrent d'un handicap lié à une maladie psychiatrique grave
personnes en France souffrent d'un handicap lié à une maladie psychiatrique grave
- Définition
- Caractéristiques
- Causes et facteurs de risque
- Prise(s) en charge
- Le suivi après la crise suicidaire
- Annexes : les particularités de la crise suicidaire. Repères & recommandations
- Bibliographie
Il s’agit d’une crise psychique dont le risque majeur est le suicide. On entend par crise un moment d’échappement, une rupture par rapport à une situation habituelle.
Le patient en crise suicidaire exprime un sentiment d’échec et l’idée de se trouver dans une impasse. C’est un état réversible temporaire ; ce n’est pas une maladie en soi, mais l’expression d’une maladie ou d’un problème psychologique.
La crise suicidaire est difficile à identifier. Bien souvent, le patient en crise suicidaire a consulté un médecin avant le passage à l’acte suicidaire.
Pour la prise en charge, le recours au médecin pourrait être systématique, mais ce n’est pas la solution à tout et la possibilité de cette action médicale dépend aussi de la qualité de l’entourage.
Une crise suicidaire se repère par :
Les facteurs de risque
Les facteurs primaires :
Ils sont en interaction et ont une valeur d’alerte importante au niveau individuel et surtout ils pourront être influencés par le traitement.
Les facteurs secondaires :
Les facteurs tertiaires :
Ils ne peuvent être modifiés et n’ont de valeur prédictive qu’en présence de facteurs primaires ou secondaires.
Les facteurs de protection
Evaluer la dangerosité et l’urgence
Les modes d’intervention possibles
Deux axes complémentaires :
Les interventions proposées doivent être adaptées aux différents contextes dans lesquels se trouve le sujet. Elles devront tenir compte des interrelations.
La famille et l’entourage proche
Accorder une valeur au ressenti et aux inquiétudes de l’entourage familial et faciliter la mise à la disposition des familles des informations susceptibles d’améliorer le repérage de la crise suicidaire.
Le milieu socioprofessionnel
L’infirmière et le médecin du travail sont des interlocuteurs privilégiés.
Le médecin généraliste
Le généraliste est le médecin de premier recours, élément central de la prise en charge médicale, aussi bien dans le repérage, le traitement et le suivi et en association avec les autres intervenants du champ sanitaire et social, en particulier le psychiatre.
Les réseaux d’accueil et d’écoute
Si l’écoute téléphonique a montré une amélioration de l’état de mal être entre le début et la fin de l’entretien, cela peut faciliter l’accès aux soins et au processus de prise en charge.
Les services d’urgence
Le passage aux urgences hospitalières intervient dans les situations de crise en phase aiguë, après une tentative de suicide ou après l’annonce à l’entourage de l’intention de l’intéressé(e).
Les psychiatres
Le psychiatre peut intervenir à toutes les phases de la crise suicidaire.
Son rôle :
L’hospitalisation
L’hospitalisation, comme un moyen de protection, est recommandée si le risque suicidaire est élevé. Elle permet d’établir une relation de confiance avec le patient, de se centrer sur sa souffrance en ayant le souci de favoriser les soins ultérieurs.
En cas de refus de l’hospitalisation et si la dangerosité de la situation l’impose, il pourra être nécessaire de recourir aux dispositions de la loi de 1990.
L’HDT (hospitalisation à la demande d’un tiers) ou HO (hospitalisation d’office) sont des mesures d’assistance, dont le patient doit être informé sans délai.
80% des patients ont consulté un médecin généraliste ou un psychiatre, peu avant leur passage à l’acte.
Il existe un risque majeur de récidive dans l’année : 10 à 20 % des patients refont une tentative de suicide dans l’année qui suit. Et pendant cette période le risque de décès par suicide est de 1%.
Le taux de récidive est plus élevé chez les patients qui abandonnent le suivi ou qui sont perdus de vue.
La compliance au traitement est plus importante lorsqu’un suivi est proposé au patient et lorsque les équipes ont mis en œuvre une relance systématique (téléphone ou courrier).
Les particularités de la crise suicidaire : comment la repérer et quelles premières mesures adopter ?
Chez l’adulte
Repérage : les idées de suicide sont peu exprimées en dehors de la relation au médecin. La crise psychique se manifeste par un sentiment d’échec, d’injustice, des difficultés professionnelles ou relationnelles dans le couple.
La vulnérabilité est repérée au niveau du statut conjugal, social ou professionnel, et peut être altérée par un harcèlement au travail.
Recommandations : établir une relation de confiance, une attitude de bienveillance qui favorisera le recours aux soins.
Chez la personne âgée
Repérage : les idées suicidaires sont rarement exprimées par les personnes âgées. La crise suicidaire peut se manifester par une attitude de repli et un refus de s’alimenter. La vulnérabilité est caractérisée par l’existence d’une dépression, du veuvage et de maladies somatiques fréquentes.
Recommandations : être attentif à la possibilité d’une éventuelle dépression, d’une souffrance somatique ou d’une maltraitance devant un changement de comportement.
Chez la personne atteinte de troubles psychiques
Repérage : les idées suicidaires sont soit exprimées soit dissimulées.
La crise suicidaire se manifeste par une alternance entre des moments à haut risque et des moments d’accalmie. La vulnérabilité est la maladie psychiatrique elle-même.
Recommandations : prendre contact avec les thérapeutes habituels et s’assurer de la sécurité par rapport à des objets ou médicaments dangereux.
Chez la personne souffrant d’addiction ou d’alcoolisme
Repérage : les idées de suicide ne sont pas conscientes et le risque suicidaire peut être important et imprévisible. L’abus de substance peut être considéré comme un facteur de protection et de risque. La vulnérabilité est constituée par plusieurs facteurs : impulsivité, dépression, chômage, séparations, maladies somatiques.
Recommandations : le risque suicidaire doit être recherché et prévenu surtout si chômage, séparation ou dépression associée.
Chez l’enfant
Repérage : les idées et les intentions suicidaires sont rarement exprimées. La crise suicidaire se manifeste par des problèmes somatiques mal étiquetés, des troubles de la communication ou une hyperactivité.
La vulnérabilité se retrouve au niveau de l’isolement affectif, lors de bouleversements familiaux et dans un contexte de maltraitance.
Recommandations : ne pas chercher à résoudre le problème seul. Il est nécessaire d’en parler à l’enfant sans que cela soit intrusif. Signaler le risque à la famille et au médecin scolaire et assurer un lien avec le médecin généraliste ou le spécialiste.
Chez l’adolescent
Repérage : les idées ou les intentions suicidaires de l’adolescent ont longtemps été jugées banales. La crise psychique se manifeste par un fléchissement scolaire, des conduites déviantes ou ordaliques, une anorexie, des crises de boulimie, une attirance pour la marginalité, une violence sur soi, une fugue, une prise de risque au niveau sexuel. L’adolescence est elle-même une période de vulnérabilité avec ses échecs, les ruptures sentimentales et les conflits d’autorité.
Recommandations : créer un climat d’empathie pour permettre un accompagnement vers les professionnels et les réseaux spécialisés existants.
Dans l’armée
Repérage : les idées de suicide peuvent être repérées par un geste symbolique. La crise psychique se manifeste par des trouble des conduites : héroïsme, fuite en avant, prise de risque, automutilation, fugue, désertion, abus d’alcool ou de toxique.
Une plus grande vulnérabilité se retrouve en fin de service militaire, lors d’une affectation lointaine, par le port permanent de l’arme, ou lors d’un Syndrome de Stress Post Traumatique.
Recommandations : l’entourage non professionnel a une place importante dans le repérage du trouble suicidaire.
Dans les prisons
Repérage : les idées de suicide sont fréquentes au début de l’incarcération. La crise suicidaire se manifeste par une demande de soins et des gestes auto-agressifs. La perte d’une situation professionnelle antérieure, l’entrée à la prison, la période précédant le jugement sont des éléments importants de vulnérabilité.
Recommandations : une attention particulière pour les mineurs et les jeunes adultes qui entrent en prison et dans le cas des automutilations à répétition.

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