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Premier épisode psychotique aigu

Structure

- Définition
- Causes et facteurs de risque
- Prise(s) en charge
- Chiffres clés

Définition

Les psychoses délirantes aiguës se caractérisent par leur début brutal. Le délire est intense et polymorphe dans ses mécanismes (interprétations, intuitions etc..) dans ses thèmes (persécution, mégalomanie etc..). Il peut exister aussi des hallucinations, essentiellement auditives, symptômes auxquels s’associent habituellement une intense dépersonnalisation et une instabilité thymique. Elles apparaissent plus fréquemment chez le sujet jeune.

Les études de l’ensemble de ces psychoses délirantes aiguës font apparaître que l’évolution se fait schématiquement :

  • - dans 25% des cas vers la résolution complète et cet accès restera un épisode unique
  • - dans 25% des cas vers des récidives à plus ou moins long terme, chaque accès ayant la valeur d’un épisode unique
  • - dans 50% des cas l’évolution peut se faire vers une psychose chronique : un trouble bipolaire ou une schizophrénie.

Si un certain nombre de schizophrénies se dégagent de ce groupe par leur évolution, il s’agit d’une minorité. Il faut souligner que la majorité des schizophrénies débutantes ont une évolution progressive et insidieuse.

Signes évocateurs d’une schizophrénie lors de l’apparition d’un premier épisode psychotique aigu :

  • une attitude de retrait ou d’isolement
  • une difficulté de contact avec l’entourage
  • un apragmatisme
  • un émoussement affectif
  • une bizarrerie du comportement et une désorganisation de la pensée
  • une mauvaise insertion familiale professionnelle ou scolaire

Signes en faveur d’une évolution bipolaire :

  • une exaltation de l’humeur, une excitation psychomotrice
  • une humeur franchement dépressive, un ralentissement psychomoteur
  • une bonne adaptation familiale, professionnelle ou scolaire avant l’épisode psychotique aigu.
  •  

Causes et facteurs de risque

Génétique et troubles psychotiques

Qu’il s’agisse de trouble schizophrénique ou de trouble bipolaire les études de famille de jumeaux confirment l’existence de cette composante génétique.
Le risque de trouble psychotique dans la population générale est de 1%, (il est plus important chez les apparentés de premier degré 10%), il passe à 40% pour un enfant né de deux parents atteints de troubles psychotiques et à 50% chez les jumeaux monozygotes (et non pas à 100% comme on aurait pu s’y attendre). Ceci démontre que la vulnérabilité n’est pas totalement génétique elle résulte aussi de facteurs environnementaux.

Les facteurs environnementaux

Il s’agit de facteurs de risques biologiques, psychologiques et sociaux qui surviennent soit précocement, essentiellement périnataux, ou tardivement, à l’adolescence ou au début de l’âge adulte.

Facteurs périnataux

  • Une plus grande fréquence (10 à 15 %) parmi les naissances hivernales, une prévalence plus forte dans les zones urbaines.
  • Une exposition à des agents infectieux pendant la grossesse ou pendant les premiers mois de la vie.
  • Des complications obstétricales : hypoxie ou anoxie néonatale.
  • Une carence nutritionnelle pendant le premier trimestre de la grossesse.
  • Une exposition a des stress majeurs pendant la grossesse.
  •  

Abus de substances

Ceux-ci représentent un risque réel : le cannabis constitue un des facteurs de risque les plus significatifs, c’est aussi le plus étudié en raison du grand nombre de consommateurs.

Chez les sujets sains

Les substances psycho-actives entraînent l’apparition de troubles psychotiques dans 15% des cas ; ils régressent généralement.

Chez les patients psychotiques

Les substances psycho-actives majorent les symptômes psychotiques. Avec un début plus précoce de la maladie, une augmentation du nombre de rechutes, une plus grande sévérité des épisodes et une moindre adhésion aux traitements.

Il est vraisemblable que l’ecstasy présente des risques similaires.

Prise en charge

Pour éviter toute stigmatisation, une prise en charge ambulatoire ou en hôpital de jour est préférable lorsqu’elle est possible. Elle peut préparer une hospitalisation dans de bonnes conditions lorsqu’elle s’impose. Lorsque le traitement à domicile est impossible, une hospitalisation est indiquée lorsqu’il existe :

  • un état clinique requérant une surveillance permanente
  • une auto ou hétéro-agressivité, un risque de passage à l’acte
  • des troubles majeurs du comportement
  • une surveillance de la prise du traitement et des effets secondaires
  • lorsque le patient ou la famille le souhaite ardemment

Le traitement doit tenir compte de la triple dimension biologique, psychologique et sociale dans la prise en charge du patient.

1 - Lorsque le diagnostic de schizophrénie est suspecté le recours aux antipsychotiques de la 2ème génération est préférable.
Il est important de poser le diagnostic le plus précocement possible. La précocité du traitement est un facteur d’évolution favorable.
Les antipsychotiques de la 2ème génération sont utilisés en première intention avec pour objectif de réduire la durée de l’épisode psychotique aigu. En cas d’épisode unique il est recommandé de maintenir le traitement pendant un an ou deux.
La prévention et la recherche des effets secondaires du traitement est une préoccupation constante afin d’assurer une bonne observance du traitement.
La sismothérapie est indiquée en deuxième intention en cas d’inefficacité des traitements anti-psychotiques, de leur intolérance ou de leur contre indication.
Il est recommandé d’informer le patient et sa famille à propos des symptômes, des facteurs étiologiques, du traitement et de l’évolution de la maladie.

2 - Des programmes de psychothérapies institutionnelles peuvent être proposés.
Il est capital d’associer la famille et l’entourage à la prise en charge médicamenteuse et institutionnelle.
Il est recommandé d’assurer le suivi du patient ayant présenté un premier épisode psychotique et d’évaluer le dispositif de soins.

Chiffres clés

  • Le risque de trouble psychotique dans la population générale est de 1%
  • Il est plus important chez les apparentés de premier degré : 10%
  • Il passe à 40% pour un enfant né de deux parents atteints de troubles psychotiques et à 50% chez les jumeaux monozygotes (et non pas à 100% comme on aurait pu s’y attendre).

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