Questions de santé




Quelle est la vraie place des cliniques psychiatriques en France ?

Au cœur d'un réseau national de proximité qui associe psychiatres libéraux et médecins généralistes, les cliniques privées sont un acteur essentiel de la prise en charge des patients atteints de troubles psychiatriques. Elles accueillent chaque année plus de 100 000 patients. Assurant des missions d'intérêt général en termes de prévention, de formation, d'accompagnement social ou de dépistage, les cliniques psychiatriques de France sont pleinement complémentaires de l'hôpital public. Cette complémentarité prend des formes concrètes de partenariat hôpitaux/cliniques dans de nombreuses régions, à travers par exemple la prise en charge des patients en provenance des services d'urgence.

Les cliniques psychiatriques sont attachées au libre choix du patient. Pourquoi ?

Dans le domaine de la psychiatrie, les cliniques sont garantes de ce libre choix. Peu de Français le savent, les hôpitaux psychiatriques fonctionnent par secteur géographique : le patient n'a ni le choix de son hôpital, imposé par sa domiciliation, ni le choix de l'équipe médicale qui le suivra. A contrario, les patients peuvent sans aucune restriction choisir la clinique et le psychiatre qui leur conviennent. Cette liberté de choix constitue un complément essentiel de la sectorisation publique. Elle est inscrite dans la loi. Elle est défendue par les cliniques privées. Elle est voulue par les patients et leurs familles.

Qui sont les patients des cliniques privées ?

D'un point de vue social et économique, contrairement à beaucoup d'idées reçues, les patients des cliniques sont les mêmes que ceux qui sont pris en charge par l'hôpital public.
D'un point de vue médical, les cliniques privées traitent tout le champ des pathologies. Axées sur le court séjour, elles assurent notamment la prise en charge d'une large majorité des patients atteints de dépression nécessitant une hospitalisation.

Pourquoi choisit-on une clinique psychiatrique ?

Dans le domaine de la santé mentale, relations humaines et cadre de vie occupent une place privilégiée. L'atout des cliniques psychiatriques, c'est de garantir à leurs patients et à leurs familles un cadre d'hospitalisation à taille humaine (80 lits en moyenne), associé à un accueil et à un hébergement de grande qualité.
Les patients savent, en outre, qu'ils y trouveront une prise en charge spécifique, caractérisée notamment par la continuité d'une équipe soignante expérimentée, et l'assurance de la visite quotidienne d'un psychiatre référent.

Quel est le véritable coût pour le patient et la sécurité sociale ?

La prise en charge financière du séjour est rigoureusement identique dans les hôpitaux et les cliniques privées. Elles sont assujetties au principe de la tarification à la journée d'hospitalisation. Ce tarif, par patient et par jour, est fixé par les Agences Régionales d'Hospitalisation. Il est insuffisant pour garantir l'avenir des cliniques privées. Le prix de journée moyen est inférieur à 150 euros, honoraires des médecins compris. Dans les hôpitaux publics, le coût journalier d'un patient est estimé entre 300 et 400 euros !

Comment les cliniques psychiatriques
participent-elles au débat public sur la santé mentale ?

Le débat sur la santé mentale ne doit pas se réduire à la médiatisation de quelques faits divers. Il y a, dès à présent, des défis majeurs à relever dans la prise en charge des malades. En 2020, l'OMS prévoit que 20% de la population seront touchés par les dépressions, deuxième pathologie après les affections cardio-vasculaires.
Il faut aujourd'hui aller plus loin que le plan de santé mentale. Que ce soit dans la concertation ou dans les moyens déployés. Plus que jamais, les cliniques privées ont la volonté de participer aux réflexions et aux actions nationales. Elles veulent être un partenaire de l'innovation. Elles entendent partager leurs expériences, leurs exigences et leurs propositions pour répondre à ces défis.

Des inquiétudes pèsent sur le devenir de la psychiatrie en France. Comment les appréhendez-vous ?

Une vision dépassée consiste à opposer hôpitaux publics et cliniques privées.
C'est une grave erreur : les cliniques privées sont complémentaires du public.
À ce jour, chaque secteur relève d'un mode de gestion et de systèmes de financement différents. L'évolution est nécessaire, sans a priori, ni exclusive.
Pour ce qui est des cliniques psychiatriques, il importe d'être réaliste : les établissements se trouvent aujourd'hui dans une situation économique défavorable. À terme, c'est tout le pan de la prise en charge des personnes atteintes de pathologies mentales assurée par les cliniques privées qui est menacé. Il y a une raison objective à cela : l'augmentation des tarifs journaliers a été dérisoire ces dernières années.
En 2005, elle a été nettement inférieure à l'inflation. Cette situation est préjudiciable à la modernisation des établissements.
Les cliniques privées ne peuvent se résoudre à ce que ces carences atteignent les patients et le personnel soignant largement investi dans les démarches Qualité, voilà pourquoi elles veulent réagir vite, en concertation étroite avec le ministère de la Santé.

Quels changements attendez-vous ?

Tout d'abord, une véritable reconnaissance pour engager le débat et discuter des vraies demandes des cliniques privées. Pour préparer aussi l'avenir et travailler, sans aucun tabou, sur la place et le rôle qu'occuperont demain les cliniques dans la prise en charge globale des problèmes de santé mentale.
Ensuite, il est impératif d'entamer une réévaluation juste et équitable de la tarification dans le cadre d'un plan global. Elle seule permettra de maintenir et d'améliorer la qualité du système général auquel participent les cliniques psychiatriques et qui est actuellement très éloigné de la réalité. Cette situation doit changer !



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